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Société et politique

L'action de la Norvège en faveur de la paix et de la réconciliation dans les zones affectées par les conflits

Le travail de la communauté internationale en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité doit s'appuyer, partout dans le monde, sur les lois internationales existantes, sur la Charte des Nations unies et sur les résolutions du Conseil de sécurité. Si l'ONU est une instance-clef face aux menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité, des acteurs de moindre envergure peuvent aussi avoir un rôle important à jouer dans ce contexte.

La majeure partie des conflits armés actuels sont des conflits internes - mais il est courant qu'ils "débordent", entraînant des effets qui dépassent largement les frontières des pays concernés. De plus, ils induisent souvent des souffrances sur une vaste échelle, des violations des droits de l'homme, des dommages économiques et la fuite massive de réfugiés et de personnes déplacées d'une région ou d'un pays à l'autre. Les conflits internes menacent aussi très fréquemment la stabilité de toute une région, et dans certains cas l'équilibre et le développement mondiaux.

Les conflits armés internes, lorsqu'ils sont de nature politique, appellent le recours à des moyens de pacification politiques. D'où l'importance de l'action norvégienne en faveur de la paix et de la réconciliation - une contribution de poids dans les zones affectées par ces conflits. La paix et la réconciliation au coeur de ces zones est aussi l'une des conditions essentielles de la stabilité internationale.
 
A plusieurs occasions, la Norvège, sollicitée pour faciliter les négociations de paix entre des parties en guerre, a relevé le défi et accepté cette tâche difficile. Dans l'actuel processus de paix qui se déroule au Sri Lanka, par exemple, les négociateurs norvégiens assistent le gouvernement et les Tigres libérateurs de l'Eelam Tamoul (LTTE) dans leur recherche d'un accord de paix complet.

Citons également l'exemple du Soudan du Sud, où la Norvège a soutenu activement les efforts de paix, sous les auspices de l'Autorité Intergouvernementale pour le Développement (AIGD),une organisation de coopération régionale. La Norvège s'est jointe à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis pour tenter de mobiliser un soutien international susceptible de renforcer le poids qui revient, dans ce processus, au camp de la paix.

Par le passé, la Norvège a également joué un rôle essentiel dans les processus de paix du Moyen-Orient et du Guatemala. Dans le premier cas, les négociations menées à Oslo ont débouché sur les accords de paix signés en 1993 par Israël et les Palestiniens. Aujourd'hui, la Norvège travaille activement à promouvoir l'application de la Feuille de route pour la paix, par exemple en présidant un groupe de pays donateurs connu sous le nom de Comité de Liaison Ad Hoc (CLAH). Au Guatemala, le processus s'est soldé par un accord de paix signé à Oslo en 1996, et le travail vital de mise en application de cet accord se poursuit.

Dans la plupart des cas, la Norvège s'en tient au rôle discret qui consiste à soutenir les efforts fournis par d'autres acteurs en faveur de la paix et de la réconciliation. Il peut s'agir des Nations Unies, d'organisations régionales, d'autres pays, ou d'ONG. Plusieurs raisons justifient cette attitude  : il est important que la communauté internationale s'exprime d'une seule voix, autrement dit, il convient de coordonner les efforts des différents pays engagés. Dans la plupart des cas, seul un acteur majeur sur la scène internationale est apte à assurer un tel rôle - l'ONU par exemple. Par ailleurs, les acteurs représentant la région du monde concernée doivent prendre leurs responsabilités dans le cadre des processus de paix locaux, et pour ce faire, il est nécessaire qu'ils en détiennent les clefs. Cependant, dans bien des cas, ces acteurs régionaux sont totalement dépendants d'un soutien extérieur, y compris du point de vue financier.

Chaque conflit est unique en son genre, et tous les processus de paix et de réconciliation soulèvent des défis multiples. Le rôle de négociateur doit donc être taillé sur mesure, en fonction d'une situation précise, sur la base d'un dialogue étroit entre les parties engagées dans le conflit. Toutefois, un certain nombre d'éléments sont communs à toutes les actions en faveur de la paix auxquelles la Norvège participe.

  • En tant que petit pays, la Norvège ne peut contraindre les parties à accepter une quelconque solution. Le rôle de négociateur impartial qu'elle revêt signifie que son action dépend totalement de l'acceptation de sa position par les parties, et de leur réelle volonté de parvenir à une solution pacifique.
  • La Norvège - ici encore, en tant que petit pays - est apte à jouer ce rôle parce qu'elle n'a pas d'intérêts en jeu dans les conflits en question. Notre seul but est de contribuer à une solution pacifique. 
  • L'action de la Norvège dans le cadre des processus de paix et de réconciliation puise souvent ses racines dans le travail des ONG implantées dans la zone du conflit. Les réseaux d'inspiration religieuse, les organisations humanitaires, les organismes de recherche et les syndicats ont souvent une connaissance approfondie des différentes situations locales, et disposent de nombreux contacts sur place. Les autorités norvégiennes peuvent ainsi asseoir leur travail sur des bases solides. Les ONG norvégiennes ont joué un rôle particulièrement important dans les situations où il était préalablement nécessaire de rétablir la confiance entre les parties, en préparant le terrain des négociations.
  • En raison de son engagement intensif dans les actions d'aide au développement et d'autres formes de coopération internationale, la Norvège est fréquemment confrontée avec des conflits dans différentes parties du monde. Aussi s'est-elle trouvée à maintes reprises dans une position qui lui permettait de soutenir activement les processus de paix et de réconciliation. Elle est généralement considérée comme un acteur neutre et efficace, capable d'apporter une contribution positive aux négociations.
  • Toute intervention constructive dans le but de résoudre un conflit suppose une connaissance approfondie et une analyse systématique des éléments en présence. Nouer de bonnes relations avec les deux parties, s'armer de patience et d'une perspective axée sur le long terme : telles sont les conditions essentielles de la réussite. La continuité des efforts menés et leur coordination sont en outre indispensables pour parvenir à une solution pacifique..

La contribution de la Norvège aux processus de paix se répartit ordinairement en trois volets principaux : 1) l'aide aux négociations entre les belligérants, 2) une assistance à la mise en place de mécanismes de contrôle, en vue de vérifier l'application des engagements  3) une aide en vue de mesures de reconstruction immédiates, qui puissent rapidement bénéficier aux populations des zones dévastées par la guerre.

Ces éléments d'action constituent une part significative du travail actuel de la Norvège en faveur de la paix, par exemple au Sri Lanka et au Soudan. S'il est important de soutenir les efforts des deux parties dans leur recherche de solutions politiques, il est plus essentiel encore de veiller à ce que les résultats obtenus autour de la table des négociations se traduisent immédiatement dans la pratique. L'expérience montre que les mécanismes de contrôle sont, à cet égard, d'une grande utilité. La Norvège contribue à l'heure actuelle activement à la mission de contrôle mise en place au Sri Lanka, liée au cessez-le-feu signé en mars 2002. Elle a également pris l'initiative de coordonner les efforts des pays donateurs qui soutiennent le processus de paix au Sri Lanka. Cette action favorise la mobilisation de la communauté internationale, empêche une forme d'aide au développement propre à alimenter la compétition et le conflit entre les parties, et permet avant tout de démontrer aux victimes de la guerre que la paix est la seule solution viable. Il est important de consolider les accords obtenus par une amélioration de la sécurité et de l'accès aux services sociaux, par l'activité et le développement économiques, pour réduire le risque que des forces négatives ne tirent profit du chaos qu'entraîne l'absence de gouvernance. Les conflits du Soudan et du Sri Lanka perdurent l'un et l'autre depuis 20 ans, mais les processus de paix en cours, auxquels la Norvège participe activement, permettent d'espérer une paix durable. Certes, il reste des défis à relever, mais ces deux exemples montrent que même dans les pires des conflits, des solutions peuvent être trouvées, si les belligérants et la communauté internationale joignent leurs efforts à cet effet..

Le travail en faveur de la paix et de la sécurité relève de la responsabilité de tous les pays. Aucun ne saurait se contenter de s'en remettre aux Nations Unies pour résoudre les conflits armés qu'il estime ne pas le concerner. Nous devons tous assumer notre part de ce travail, en particulier dans les cas où les Nations Unies et le Conseil de sécurité ne sont pas en mesure de résoudre à eux seuls le problème. Il est également important de comprendre que les conflits qui se déroulent dans des régions du monde éloignées de la nôtre ont néanmoins une incidence directe sur la sécurité intérieure de nos pays, notamment sous la forme d'une augmentation des flots de réfugiés, d'une progression du crime organisé et du terrorisme.

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