Langue
Enseignement et recherche

Le Prix Abel

Le Prix Abel est une distinction internationale décernée chaque année pour un travail de premier ordre dans le domaine des mathématiques. Il récompense une contribution de valeur, présentant un intérêt essentiel pour cette spécialité scientifique. Le travail sélectionné peut avoir permis de résoudre des problèmes fondamentaux, apporté des techniques riches de conséquences, des principes synthétiques, ou avoir ouvert de nouveaux champs d'investigation. Le montant du prix est de 6 millions de couronnes norvégiennes.

Le mathématicien norvégien Sophus Lie (1842-1899), qui fut le premier à oeuvrer pour sa fondation, mourut en laissant le projet inachevé. L’idée fut reprise par le Roi Oscar II à l'occasion du centenaire de la naissance de Niels Henrik Abel, en 1902. Mais la dissolution de l’Union entre la Norvège et la Suède, intervenue en 1905, mit un nouveau coup d’arrêt à sa réalisation.

C’est en août 2000, lors d’une rencontre entre le biographe de N. H. Abel, Arild Stubhaug, et le directeur du groupe Telenor, M. Tormod Hermansen, que l’ancien projet de création d’un grand prix international en l’honneur de N.H. Abel a revu le jour. Après la rédaction, par un groupe de mathématiciens de l’Université d’Oslo, d’une proposition à l’attention du Premier Ministre, le Parlement a approuvé le projet en 2002. La première édition du Prix a eu lieu en 2003. Le prix est décerné par l’Académie Norvégienne des Sciences, sur recommandation d’un comité international qui évalue les candidats. Le Roi préside ordinairement la séance de remise du prix, qui se déroule en mai, dans la salle des cérémonies de l’Université. Le jour suivant cette remise solennelle, le lauréat expose ses travaux lors d’une conférence organisée à l’Université d’Oslo. Suit une seconde conférence, dans une autre ville universitaire de Norvège.
 

Le Fonds Abel
La finalité principale du Fonds Abel est de constituer la base de financement du prix international de 6 millions de couronnes destiné à récompenser un ou plusieurs mathématiciens pour un travail remarquable. Une autre mission lui est également impartie : rehausser le niveau de considération dont les mathématiques font l’objet au sein de la société, et encourager les enfants et les jeunes à s’intéresser à cette matière.

Le Fonds Abel soutient également les deux grands concours nationaux de mathématiques – le Concours Niels Henrik Abel et la manifestation baptisée KappAbel. L’Association norvégienne des mathématiques organise chaque année deux ou trois ”symposiums Abel” dans le but de stimuler la recherche et de renforcer la position de la Norvège dans ce domaine, sur le plan international. Le Fonds Abel soutient aussi le Prix Ramajuan qui récompense de jeunes mathématiciens originaires de pays en voie de développement.


Niels Henrik Abel (1802-1829)
Le Prix Abel est dédié à la mémoire du mathématicien norvégien Niels Henrik Abel. Ayant fait preuve dès le plus jeune âge de dons exceptionnels en mathématiques, Abel entreprit en 1821 des études à Christiania (l’actuelle Oslo). A l’automne 1825, en chemin vers à Paris, capitale des mathématiques, Abel passa par Berlin, où il fit la connaissance de l’ingénieur A.L. Crelle. Lors de cette rencontre, ce dernier eut l’idée de lancer une revue spécialisée - le « Journal de Crelle » - capable de faire concurrence aux publications parisiennes.

Dès son arrivée à Paris, en juillet 1826, Abel s’attela à la rédaction de ce que l’on a appelé par la suite son ”Mémoire de Paris”. Il soumit son travail à la fameuse Académie des Sciences , mais ne reçut jamais de réponse et pensa que son ouvrage avait été perdu. Se sentant malade, il consulta et dut affronter le verdict fatal que signifiait, à l’époque, un probable diagnostic de tuberculose. Abel reprit le chemin de Christiania. Il lui restait un an et demi à vivre. Durant cette période, il écrivit d'affilée une impressionnante série d’ouvrages qu’il envoya à son correspondant berlinois, A.L. Crelle.

Abel mourut le 6 avril 1829, à l’âge de 26 ans. Deux jours après sa mort, alors que la nouvelle de son décès n’était pas encore connue, des lettres lui furent adressées depuis Paris et Berlin, où son nom venait de paraître simultanément sur la scène publique. Le message venu de France lui apprenait que le manuscrit de son Mémoire de Paris était enfin parvenu à bon port, tandis que Crelle lui annonçait triomphalement qu’un poste fixe lui était réservé à Berlin. L’Académie des Sciences publia le Mémoire de Paris en 1841, et peu de traités de mathématiques firent jamais l’objet d’autant d’éloges.

Envoyer cet article à un ami  
Print version

Photo: The Norwegian Academy of Science and Letters

Photo: (c) Faculty of Mathematics, University of Oslo

Norvège - le site officiel pour la Rèpublique Algeriénne / Ecrire à l'Ambassade / Contact information
© 2003/2007