Les femmes dans la vie politique et dans les entreprises

26/09/2009 //

En Norvège, les femmes ont réussi dans une large mesure à accroître leur influence en matière politique. Il y a trente ans, la proportion de femmes parmi les députés au Storting n’était que de 15%, contre 36 à 39% au cours des dernières années. Cette meilleure parité dans les processus de décision est étroitement liée aux chances qui ont été données aux femmes en matière de formation et d’emploi. Cependant, la compétence, l’expérience, les attitudes égalitaires et la bonne volonté ne sont pas, en soi, des facteurs suffisants. L’expérience montre que la proportion de femmes actives en politique n’augmente pas si l’on ne recourt pas à des mesures ciblées, telles que des campagnes d’opinion spécialement consacrées à ce sujet et des quotas obligatoires de participation féminine.

Le système des quotas est apparu pour la première fois dès les années 1970, au sein du Parti de la Gauche Socialiste et du Parti Libéral. De nos jours, la quasi-totalité des grands partis politiques norvégiens applique ce système lors de la nomination des candidats aux élections, comme dans la composition d’équipes dirigeantes à tous les niveaux. Le système du quota féminin relève d’une libre décision facultative de la part des partis concernés : la Norvège n'a pas de loi prévoyant l'équilibre entre les sexes à l’intérieur des partis politiques, ni des corps électoraux directement élus.

Le même système a également été étendu aux commissions, comités et conseils nommés par les pouvoirs publics. Il y a trente ans, les femmes ne représentaient que 11% des membres de ces instances. En 1981, des dispositions concernant l’équilibre entre les sexes dans les commissions nommées par les pouvoirs publics, etc., ont été introduites dans la loi sur l’égalité entre les sexes et, depuis 1988, un minimum de 40 % de participation de chaque sexe est exigé. A la suite de l’amendement le plus récemment adopté, la représentation féminine est passée de 22 à 40% en 1997, niveau auquel elle s’est stabilisée.

En 1986, le Premier Ministre Gro Harlem Brundtland fut l’initiatrice d’un gouvernement comportant un nombre record de femmes. Depuis lors, aucun gouvernement norvégien n’a comporté une proportion de femmes inférieure à 40 %.

La représentation féminine aux conseils d’administration des entreprises
En moyenne 8,5 % des membres des conseils d’administration (actionnaires et représentants élus des salariés) des sociétés anonymes privées sont des femmes (chiffres de juillet 2003). Dans les entreprises appartenant à l’Etat, leur proportion s’élève à 45,7% (chiffres de mars 2003).

Le 1er janvier 2004, les dispositions relatives à la représentation dans les conseils d’entreprise des sociétés appartenant à l'Etat ont été amendées. Un niveau de représentation minimal des deux sexes, fixé à 40 %, est imposé à ces entreprises.

Des amendements correspondants ont été simultanément adoptés pour les sociétés ouvertes à responsabilité limitée du secteur privé, mais au titre de l'accord passé avec les acteurs de ce secteur, ces règles ne devaient pas entrer en vigueur si l'équilibre souhaité était obtenu au 1er juillet 2005 par le biais de mesures volontaires. Les chiffres livrés par le Bureau national des statistiques (SSB) faisaient état, à cette date, de 519 sociétés ouvertes à responsabilité limité du secteur privé, dont 68 (soit 13,1 %) satisfaisaient à l'ensemble des exigences fixées par la loi en matière de représentation féminine. La proportion moyenne des femmes présentes à des postes aux conseils d’administration de ces sociétés (représentant les actionnaires et les employés) était de 15,5 %. Dans ce contexte, le deuxième gouvernement de M. Stoltenberg a décidé d'une entrée en vigueur de la loi à compter du 1er janvier 2006.

A titre de comparaison, les statistiques du SSB montrent qu'environ 60 % de l'ensemble des étudiants inscrits dans les universités et écoles d’enseignement supérieur sont de sexe féminin, et que le nombre de femmes est supérieur à celui des hommes parmi la tranche de population ayant effectué une formation de quatre ans dans l’enseignement supérieur.

Toutefois, ces règles ne s’appliquent pas aux sociétés anonymes privées. En effet, il s'agit dans la plupart des cas, en Norvège, de petites entreprises familiales dont le conseil d'administration est constitué des propriétaires. La législation sur la représentation des deux sexes est donc moins adaptée à ce type d'entreprises. En revanche, dans les sociétés ouvertes à responsabilité limitée, la propriété des actions est davantage répartie et la gestion de l'entreprise a un caractère moins personnel.


Source: Texte rédigé par le Ministère norvégien de l’Enfance et de la Parité   |   Partager sur le réseau   |   print