Poésie

28/07/2009 //

L’histoire de la poésie norvégienne remonte à plus de mille ans, à l’avènement de la poésie scaldique, au IXième siècle. Durant le Moyen Âge fleurirent les ballades, les oeuvres poétiques de circonstances et les poèmes improvisés connus sous le nom de stev. Ces oeuvres anonymes constituent, avec les contes, une part essentielle de la littérature populaire norvégienne.

Avec la diffusion de l’instruction – notamment parmi les membres du clergé – les cantiques devinrent une autre forme importante de l’expression lyrique. La poésie joua également un rôle non négligeable dans la construction de la nation norvégienne encore tâtonnante, au début du XIXième siècle. L’un des lauréats norvégiens du Prix Nobel de littérature, Bjørnstjerne Bjørnson (1832-1910) est l'auteur du poème intitulé Ja vi elsker dette landet (“Oui, nous aimons ce pays”), qui devint par la suite l’hymne national de la Norvège, joué pour la première fois à Christiania (ancien nom d’Oslo) le jour anniversaire de la Constitution norvégienne, le 17 mai 1864.

Le poète symboliste Sigbjørn Obstfelder (1866-1900) fut le plus important des novateurs que comptaient les cercles de poésie norvégiens au tournant du XXième siècle. Ses oeuvres traduisent l’émerveillement devant la vie, dans une atmosphère d’images diffuses. Sa voix intense et personnelle, lui valut d’apparaître comme l’un des principaux représentants des débuts du modernisme. Rolf Jacobsen (1907-1994) est également considéré comme appartenant au courant moderniste. Son premier recueil de vers libres, intitulé Jord og Jern ("Terre et fer", 1933) apparaît encore de nos jours comme une oeuvre rafraîchissante par son côté non conventionnel. Obstfelder et Jacobsen ont été l’un et l’autre traduits en de nombreuses langues, et font figure, dans les anthologies de poésie étrangères, d’importants ambassadeurs du modernisme européen.

Parmi les autres poètes reconnus en Norvège et ailleurs dans le monde, il convient de citer Olav H. Hauge (1908-1994) et Paal-Helge Haugen (né en 1945). Les poèmes de Hauge, d'une simplicité trompeuse, contiennent des allusions transparentes à Homère, aux classiques chinois et japonais, à la littérature en vieux norrois, ainsi qu’à la Bible. Les oeuvres de Paal-Helge Haugen, elles aussi, sont souvent simples et anti-métaphoriques. Haugen révèle le potentiel de poésie contenu dans les créatures et les choses les plus infimes. Le genre poétique a su rester populaire dans la Norvège d'aujourd'hui. Aussi de nombreux écrivains contemporains recourent-ils consciemment à l’écriture lyrique, envisagée comme le mode d’expression permettant de rehausser la résonance et la musicalité de leurs oeuvres. Eldrid Lunden (né en 1940), Gro Dahle (née en 1962) et Tor Ulven (1953-1995) sont parmi les plus importants de ces auteurs.

Durant les années 1960, certains courants de la poésie norvégienne ont fait évoluer l’écriture vers une technique expérimentale non rythmique, moderniste. La décennie suivante a mis l’accent sur l’engagement politique et social, puis les années 1980 ont vu le retour de la poésie à une orientation plus esthétique. La synthèse de ces deux tendances s’est faite consciemment au cours des années 1990. Un certain nombre de poètes ont pris leurs distances vis-à-vis des choix étriqués qui avaient marqué les décennies précédentes. Beaucoup ont opté pour une combinaison d’un nouveau genre entre propos politique et esthétique, entre le fond et la forme. Si la poésie norvégienne contemporaine peut être caractérisée, d’une façon générale, par sa fascination pour la réalité, il s’avère difficile de rassembler sous une norme unique la grande diversité de styles et de formes d'expression des poètes d'aujourd'hui.


Source: By NORLA - Norwegian Literature Abroad   |   Partager sur le réseau   |   print