Alpinisten Aksel Lund Svindal, Kitzbühel januar 2010.
Photo: Franck Fife / ScanpixLe skieur alpin Aksel Lund Svindal, Kitzbühel janvier 2010. Photo: Franck Fife / Scanpix

Du pôle Sud à Vancouver

11/02/2010 // Les Norvégiens aiment à croire qu’ils sont nés avec des skis aux pieds. Mais les expéditions polaires du passé et le fait d’avoir inventé la réception en télémark nous seront-ils d’un quelconque secours pour affronter l’élite mondiale du ski aux JO de Vancouver ? Mériterons-nous encore une fois du sirop d’érable ?

Le fondeur Petter Northug, le biathlète Ole Einar Bjørndalen et le skieur alpin Aksel Lund Svindal sont de parfaits exemples de héros du ski moderne auxquels les Norvégiens aiment s’identifier. Avec les autres sportifs norvégiens, ils partent aux JO de Vancouver avec l’ambition de se remplir les poches de métal précieux. Et avec leur sac à dos plein de traditions.

A skis jusqu’aux pôles
Dans les pays nordiques comme en Sibérie, les skis ont été utilisés depuis la préhistoire pour partir à la chasse. En Norvège, les skis sont aujourd’hui bien plus qu’un moyen de locomotion : ils se sont transformés en symbole de notre identité nationale, grâce à de nombreuses légendes du ski qui ont ouvert de nouvelles pistes dans des régions au climat extrême. Comme Roald Amundsen, le premier homme à fouler le pôle Sud, et Liv Arnesen, la première femme à s’y être rendue en solitaire.

Le berceau du ski
La Norvège est aussi la patrie de Sondre Nordheim, réputé être le plus grand pionnier du ski de compétition moderne. Il ne se contenta pas d’être un virtuose du ski de fond, du saut et du slalom ; il inventa même des skis et des fixations. Les portraits de Nordheim skiant au-dessus des toits des maisons dans son village d’enfance de Morgedal – désormais surnommé « le berceau du ski » en son hommage – ont accompagné notre enfance. Cent ans après sa naissance, en 1924, les premiers JO d’hiver furent organisés à Chamonix, en France. Aujourd’hui, comme alors, les ambitions norvégiennes sont élevées, et nous avons toujours le profil requis.

Photo: Fédération norvégienne de biathlonOle Einar Bjørndalen, un des skieurs le plus titré de tous les temps. Photo: Fédération norvégienne de biathlon

La Vallée de Bjoerndalen 
Le biathlète Ole Einar Bjørndalen a remporté la première de ses quatre médailles d’or olympiques individuelles il y a douze ans. Il participe cette année à ses quatrièmes JO. Cette légende vivante du biathlon a même donné son nom à une portion d’une piste olympique de Vancouver : la vallée de Bjoerndalen.

Le retour de Svindal
Aksel Lund Svindal, l'un des meilleurs skieurs alpins du monde depuis de nombreuses années, a remporté des médailles aux championnats du monde et a fini premier au classement général de la coupe du monde en 2006/2007. Grièvement blessé en 2007 dans une mauvaise chute à Beaver Creek, dans le Colorado, il a été absent des compétitions pendant longtemps. Cela ne l’a pas empêché de faire un retour en force lors de la saison 2008/2009, récompensé par une première place au classement général de la Coupe du monde. Il espère décrocher à Vancouver sa première médaille olympique.

L’innovation pour gagner
Bjørndalen et Lund Svindal, les fondeurs Petter Northug et Marit Bjørgen, la snowboardeuse Kjersti Buaas et les autres skieurs ont un point commun : ils essaient continuellement de repousser leurs limites et de renouveler et d’améliorer leur technique. C’est le seul moyen de gagner des titres olympiques ou d’être le premier à atteindre le pôle Sud.
 
Fair-play
Mais les JO ne se résument pas à une rude compétition pour conquérir gloire et honneur. Le fair-play y tient également une place importante, comme l’illustre à merveille le célèbre épisode des JO de Turin. Lorsqu’une des Canadiennes cassa son bâton au cours de l’épreuve de sprint par équipe, l’entraîneur norvégien des fondeurs, Bjørnar Håkensmoen, lui en donna aussitôt un nouveau. Et le Canada décrocha la médaille d’argent.

Photo: Ambassade du Canada à OsloAu nom du peuple canadien, l’ambassadrice du Canada en Norvège, Jillian Stirk, a remis 7 400 boîtes de sirop d’érable à Håkensmoen. Photo: Ambassade du Canada à Oslo
 

Cinq tonnes de sirop d’érable
Ce geste désintéressé coûta peut-être à la Norvège une place sur le podium, mais les Canadiens surent manifester leur reconnaissance : Håkensmoen reçut en récompense cinq tonnes de sirop d’érable du Canada. Dans tout le pays, des gens avaient acheté une boîte et mis un petit mot de remerciement dessus. Pour finir, l’ambassadrice canadienne en Norvège emprunta l’Express côtier pour servir des crêpes au sirop d’érable sur la côte norvégienne.

Des traditions encore vives
Sur les pistes de Vancouver, la concurrence est plus dure que jamais, et les prestations des skieurs héroïques d’hier appartiennent à l'Histoire. Le fait d’avoir gagné la course vers le pôle Sud ou d’avoir inventé le ski de compétition ne nous permettra donc pas d’engranger plus facilement des médailles. Les traditions du ski n’en demeurent pas moins importantes, qu’elles soient millénaires comme en Norvège ou récentes et en plein essor pour beaucoup d’autres nations olympiques.

Médailles et sirop
Les JO se sont développés au point d’intersection entre tradition, innovation et fair-play et ont acquis une position unique. Celle-ci sera confortée à Vancouver grâce à des champions nouveaux ou établis, qui ne rentreront pas tous chez eux avec des médailles, car leur nombre n’est pas illimité.

Mais n’oublions pas que nous allons au Canada – il y aura assez de sirop d’érable pour tout le monde.


Source: Ministère des Affaires étrangères   |   Partager sur le réseau   |   print