L’engagement humanitaire

28/07/2009 //

L’existence des sous-munitions est un problème majeur, dont l’importance va croissant. Si l’usage et le nombre d’utilisateurs de ce type d’armes devaient continuer à s’étendre, le défi qu’elles représentent sur le plan humanitaire et du point de vue du développement pourrait devenir encore plus difficile à surmonter que ne l’était celui des mines antipersonnel dans les années 1990.

L’attention internationale se porte à l’heure actuelle sur la nécessité de combattre les sous-munitions. Ce terme désigne globalement des armes qui disséminent dans la zone touchée une grande quantité de petites charges explosives (de quelques dizaines à plusieurs centaines). Ces charges sont réunies dans un contenant qui se présente soit sous la forme d’une bombe aérienne, soit comme un obus d’artillerie ou une fusée tirés du sol. Ce contenant s’ouvre à quelque distance au-dessus de la cible visée, répandant les charges qui sont programmées pour exploser au contact avec la cible elle-même.

Les guerres qui se sont déroulées en Europe, en Asie et au Moyen-Orient au cours des deux dernières décennies ont montré clairement à quel point les conséquences humanitaires de ce genre d’attaques étaient inacceptables, aussi bien au coeur des conflits armés que longtemps après la fin des hostilités. Cette constatation s’explique par deux raisons principales.

Tout d'abord, l’effet de ces armes couvre des zones importantes, et fait donc trop peu la distinction entre soldats et civils. Les étendues qu’elles frappent varient, selon le type de sous-munition, de quelques centaines de mètres carrés à une vingtaine d’hectares, ce qui correspond à la surface de quarante terrains de football. Dans de nombreux cas où les sous-munitions ont été utilisées de façon massive, les populations civiles et militaires étaient largement mêlées dans les régions touchées, zones urbaines ou d’exploitation agricole par exemple. Lorsque l’on recourt, dans de tels endroits, à des armes qui répandent des explosifs sur de larges superficies, il est quasiment inévitable de toucher les populations civiles.

Par ailleurs, les attaques aux sous-munitions laissent derrière elles un grand nombre d’obus non éclatés. Ces charges explosives très instables restent en place – au sol, accrochées aux arbres, disséminées sur les toitures ou à l'intérieur des maisons détruites. Elles se comportent alors, dans la pratique, comme des mines antipersonnel, faisant de nombreuses victimes parmi des civils innocents, par exemple lors de la reconstruction des bâtiments ou de la reprise d’activités agricoles indispensables à la vie des populations.

La proportion d’obus non éclatés étant généralement élevée (elle atteint fréquemment 25 %) et ces armes étant souvent utilisées en quantités importantes, les civils peuvent continuer à être frappés – tués ou blessés – pendant des années après la fin d’une guerre.

L’élimination des obus non éclatés et l’assistance aux victimes exigent beaucoup de ressources. Pour les pays pauvres, cela signifie qu’il faut consacrer à la résolution de ces problèmes des moyens déjà insuffisants, au détriment des autres objectifs en matière de développement. Selon le rapport de l’Observatoire des mines, le ”Landmine Monitor”, la communauté internationale dépense chaque année quelque 400 millions de dollars américains pour aider les pays touchés à éliminer les explosifs résiduels. Sur cette somme, environ 39 millions sont versés par la Norvège.

Toute diffusion supplémentaire des sous-munitions pourrait rendre encore beaucoup plus importants les besoins en termes d'action et d'assistance de la part de la communauté internationale. Outre l’inacceptable coût humain, une telle augmentation constituerait un lourd fardeau pour les pays concernés.


Source: Texte rédigé par le Ministère norvégien des Affaires étrangères   |   Partager sur le réseau   |   print