La coopération de Schengen a été créée en 1985 par la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, la France et l'Allemagne, dans l'intention de créer une zone où les voyages ne seraient soumis à aucune restriction, en éliminant les contrôles frontaliers entre les pays participants, tout en favorisant une coopération plus étroite dans la lutte contre le crime international. Par la suite, la coopération de Schengen a été intégrée à l'action de l'UE - elle couvre à présent tous ses pays membres hormis l'Irlande et le Royaume-Uni.
En 1954, l'Islande, le Danemark, la Suède, la Finlande et la Norvège ont conclu l'Union nordique des passeports, supprimant ainsi les restrictions aux voyages pour leurs ressortissants respectifs. Lorsque les pays nordiques membres de l'UE, le Danemark, la Suède et la Finlande ont adhéré à la coopération de Schengen, la Norvège et l'Islande ont dû conclure un accord spécifique avec les pays signataires de la coopération de Schengen pour pouvoir conserver l'Union nordique des passeports. En ce qui concerne la Norvège, cet accord spécifique, établi en 1999, lui permet de participer à l'élaboration d'une nouvelle législation sur la mise en oeuvre, l'application et le développement futur de l'acquis de Schengen (c'est-à-dire l'ensemble des lois, dispositions et accords relatifs au système de Schengen). Il s'agit de l'accord le plus important que la Norvège ait jamais conclu avec l'UE, hormis l'accord sur l'EEE.
Pour établir une zone ne pratiquant que le contrôle des frontières externes communes (après la suppression des contrôles frontaliers internes), tous les pays participants doivent suivre les mêmes critères pour autoriser l'entrée sur leur territoire, en ce qui concerne, notamment, les visas accordés aux ressortissants de pays tiers. Les visas de tourisme sont en général valables dans tous les pays de la coopération de Schengen. De plus, tous les pays participants doivent se faire mutuellement confiance en comptant les uns sur les autres pour effectuer des contrôles frontaliers satisfaisants. C'est pourquoi l'acquis de Schengen inclut des règles sur les mesures de contrôle à mettre en oeuvre aux frontières externes de l'espace de Schengen.
L'acquis de Schengen encourage également la synergie entre les autorités de police des pays participants. Un système d'information commun (Schengen Information System, SIS) permet à la police des pays membres d'émettre des messages d'avertissement au sujet de criminels recherchés, de personnes portées disparues et de biens volés.
L'action communautaire en matière de justice et de politique intérieure s'est progressivement étendue au-delà de la coopération de Schengen. Dans ce domaine, on tend actuellement vers une collaboration plus étroite entre la police et les ministères publics des différents pays, vers une harmonisation du droit civil et pénal, de la politique en matière d'immigration et de droit d'asile. L'accord de Schengen n'inclut pas automatiquement la Norvège dans cette coopération élargie.
Cependant, le pays doit faire face aux mêmes défis que les États membres de l'UE en ce qui concerne les formes les plus dangereuses du crime international, telles que le terrorisme, le trafic de drogue et la traite des femmes et des enfants. La coopération de Schengen offre donc à la Norvège un forum naturel pour soulever des questions d'intérêt commun, dont certaines peuvent même dépasser le cadre de l'acquis de Schengen. La Norvège souhaite également conclure des accords particuliers dans des domaines spécifiques ; elle a, par exemple, signé un engagement à propos d'Europol, l'office européen de police, et Eurojust, l'instance européenne de coopération des autorités judiciaires.