Dans la région des Balkans occidentaux, les processus de restructuration économique, politique et sociale se poursuivent à grande échelle. Des réformes ont d'ores et déjà été introduites dans tous ces pays, mais elles sont politiquement très controversées, et le processus d'intégration euro-atlantique reste, pour part, en butte à des résistances puissantes. Même si le potentiel de conflit diminue globalement dans la région, les risques de troubles et d'instabilité politique perdurent.
En juin 2003, le sommet de Thessalonique a confirmé la volonté de l'UE d'intensifier ses efforts en vue de rapprocher les Balkans occidentaux d'un processus d'intégration européenne. La perspective leur a été ouverte d’un renforcement de la coopération avec l’UE, voire d’une adhésion future. Le Processus de stabilisation et d’association mené avec les différents pays de la région a été relancé, l’Union assumant dans le même temps une part de responsabilité croissante dans les opérations internationales, notamment la mission de police EUPM en Bosnie-Herzégovine, ainsi que la mission militaire ALTHEA, qui a fait suite à la SFOR dans ce même Etat. Les défis qui se posent dans cette région ont ainsi pour effet de pousser plus avant le développement de la Politique étrangère et de sécurité commune de l'UE. La Norvège estime important de contribuer à l'intégration de ces pays dans la coopération euro-atlantique, pour promouvoir la stabilité et la démocratie à l’intérieur de chaque Etat, comme dans la région toute entière. La priorité est avant tout donnée à la mise en place de nouvelles institutions, et au travail de réforme concret dans le cadre de l’application du Processus de stabilisation et d’association mené par l’UE.
La Norvège a alloué 750 millions de couronnes à des actions dans les Balkans occidentaux en 2005, et maintenu le même niveau d'aide en 2006. L'assistance norvégienne concerne principalement les processus de paix, de réforme et de développement, en mettant l'accent de plus en plus sur les mesures en faveur de la construction démocratique, avec la mise en place de compétences à long terme, d'institutions viables et d'un secteur privé renforcé. Les efforts humanitaires fournis par la Norvège sont avant tout destinés aux opérations de déminage, aux réfugiés, aux personnes déplacées à l'intérieur de leur pays et aux groupes particulièrement vulnérables (enfants, personnes âgées et infirmes), de façon à répondre aux besoins les plus aigus à tout moment. Aux actions entreprises correspond également la nécessité d'une amélioration durable, générée par ces mesures d'aide. En Bosnie-Herzégovine comme en Croatie, il reste nécessaire de procéder au déminage des terres. Ces opérations y sont régies par la Convention sur les mines. Elles contribuent à la reprise de l’activité économique et au retour des réfugiés.
Une partie considérable des aides est consacrée à la réforme de la police, de la justice et de la politique intérieure dans les pays de la région. Ces projets incluent la formation de la police, le conseil et l'accompagnement des processus de réforme. La priorité est donnée au combat contre le crime international organisé, la corruption et la traite des femmes et des enfants faisant l'objet d'efforts particuliers. La coopération se poursuit avec le Ministère de la justice, sous la forme d’une assistance fournie au personnel par le ”Styrkebrønnen” (Force norvégienne d'intervention civile dans les crises étrangères). L’accent est mis sur le soutien apporté aux mesures de renforcement des relations entre les différents pays concernés et l’ICTY (Tribunal criminel international pour l’ancienne Yougoslavie), ainsi qu’aux procédures de transfert des affaires traitées par l'ICTY vers des tribunaux nationaux. Les efforts portent également sur la poursuite de la participation norvégienne au travail de réforme des forces de défense, avec, notamment, le renforcement du contrôle civil des armées, la supervision des personnels militaires et de renseignement, et des mesures de démobilisation. Dans le domaine éducatif, la Norvège a établi une coopération bilatérale avec le Monténégro, ainsi qu'à l'échelle régionale, par le biais du Conseil Norvégien de l'Enseignement Universitaire et du Conseil de Recherche Norvégien. La Norvège soutient des transferts de compétences dans les secteurs de l'agriculture, de l'exploitation forestière et de la protection environnementale. Une attention particulière est accordée aux mesures permettant de renforcer les processus de paix dans la région, ainsi qu'aux actions visant à favoriser le dialogue interethnique et la réconciliation. Sont aussi considérées comme prioritaires les mesures en faveur des enfants, des jeunes et des femmes, notamment le soutien apporté au travail en faveur des droits de l’homme, aussi bien par le biais de l'aide aux ONG locales que par celui d’organismes relevant des pouvoirs publics, par exemple des instances de médiation.
L'assistance norvégienne aux projets réalisés se déroule principalement par le biais d'ONG et d'institutions gouvernementales norvégiennes, de l'ONU et d'autres acteurs multilatéraux. Le Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-est constitue également une voie et un cadre essentiel pour l'assistance aux projets.